> ## Content Index
> Fetch the complete content index at: https://capharnaum.mymagic.page/llms.txt
> Use this file to discover other available public pages before exploring further.

# Nothing Serious - Roy Hargrove - Jazzothèque idéale
- URL: https://capharnaum.mymagic.page/nothing-serious-roy-hargrove-jazzotheque-ideale/
- Published: 2021-04-04T16:54:38.000Z
- Updated: 2026-10-31T13:42:52.000Z
- Author: Jérémie
- Tags: Jazz, Jazzothèque, #Migrated-1793453973856, #wp, #wp-post, #Import 2026-10-31 14:40

![](https://capharnaum.mymagic.page/content/images/2026/10/roy-hargrove-nothing-serious-jazzotheque.jpg)

Parti trop tôt après avoir brûlé la chandelle par les deux bouts, Roy Hargrove était considéré comme un des grands de son temps. Virtuose alliant Jazz ancien et contemporain, Hargrove a considérablement marqué le Jazz de son empreinte.

Dans la discographie de Roy Hargrove, **Nothing Serious**, sorti en 2006, est un album plus intimiste. Loin du Jazz-funk des albums réalisés avec son groupe The RH Factor (dont **Distractions** sortira la même année), **Nothing Serious** propose un Jazz plus classique dans lequel il mélange des consonnances latines (sa rencontre avec Chucho Valdès a changé sa façon d'appréhender le Jazz dans lequel il n'hésite plus à intégrer dans son latins). Le résultat est superbe, dansant, rythmé, précieux.

Précieux, car, parti trop tôt, le trompettiste nous laisse un héritage riche, intelligent, à la hauteur de son talent.

Je ne peux pourtant écouter cet album sans un pincement au cœur, surtout lorsque les premières notes de *Trust* apparaissent, Miles Davis semble ressusciter un instant, puis Hargrove reprend son identité et brille par sa verve, son souffle cadencé, chaud, réconfortant.

**Nothing Serious** ne porte pas très bien son nom. Si on le traduisait "rien de sérieux", on lui rétorquerait que justement si, tout cela est très sérieux, que c'est grâce à un travail acharné, au sérieux d'un athlète infatigable, que Roy Hargrove a pu libérer un tel Jazz. Si on le traduisait "rien de grave", on lui rétorquerait qu'il a déconné. Que tout cela était grave, que le don dont il parle dans *The Gift*, il l'a gâché dans la drogue. Peut-être qu'avec le morceau *Devil Eyes*, il cherche à faire amende honorable. Il se sent porté par la passion, peut-être celle de la drogue, peut-être celle illustrée par Ingmar Bergman dans son film L'Oeil du Diable, mais ce qui est certain, c'est qu'Hargrove a quelque chose à exprimer, quelque chose à faire ressortir, que quelque chose le pousse vers l'enfer des drogues et qu'il essaie de s'en défaire, peut-être dans sa musique, peut-être dans la *Camaraderie* (sans doute sa meilleure partition de trompette de l'album), mais ce qui est certain, c'est qu'il y a quelque chose de grave dans ce disque, dans lequel pourtant, il arrive à glisser un peu de légèreté avec des morceaux comme *Salima's Dance* ou *A Day In Vienna*, deux morceaux qui semblent faire référence à de tendres souvenirs.

**Nothing Serious** est un grand album, un album très personnel, intimiste, dans lequel Roy Hargrove y met toute son énergie. Peut-être son meilleur album, mon préféré assurément.